Arts & Culture (21)

Le département d’Etudes africaines à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Dschang vient de créer quatre Masters obéissant au parcours « recherche ». La filière la plus nouvelle est « Afrique et mondialisation ». Les cours ont démarré le 03 février 2014, pour le compte de l’année universitaire 2013-2014. Le chef de département parle du contexte de création de ces nouveaux programmes. Il insiste sur ce parcours nouveau, « Afrique et mondialisation ».

Quelle est la nouveauté dans les Masters que vous avez créés au département d’Etudes africaines de la Faculté des Lettres et Sciences humaines ?

La grande nouveauté, c’est surtout le Master en « Afrique et mondialisation ». Les autres se faisaient déjà sous la coordination du département des Langues étrangères appliquées, à savoir : Linguistique appliquée ; Linguistique et langues africaines ; Littératures et cultures africaines. Mais pour ces trois derniers, nous avons procédé à une délimitation des champs, en suivant les structures de la Licence.

Quels sont les objectifs poursuivis par ce Master en « Afrique et mondialisation » ?

Il s’agit de voir comment l’Afrique peut se développer dans un contexte globalisé. Les questions de développement aujourd’hui ne peuvent plus se penser sans que l’on ne pense à résoudre l’épineuse question du rapport avec le village planétaire.

En parcourant les programmes, on se rend compte que le Master est très transversal. On y aborde des questions d’ordre politique, économique, philosophique et culturel. En quoi est-ce que l’étudiant sera spécialiste à la fin de sa formation ?

C’est le développement de l’Afrique qui est au centre de ce Master. À la fin, les organisations gouvernementales, les chancelleries africaines, les multinationales africaines, les industries culturelles, les universités pourront absorber les étudiants que nous aurons formés. C’est pour cela que nous embrassons plusieurs thématiques.

Avez-vous les enseignants qu’il vous faut pour conduire ce Master à bon port et ce, jusqu’au Doctorat ?

Avant de lancer ce programme, nous avons d’abord regardé au niveau de l’Université de Dschang pour voir ce qu’on avait comme ressources. Donc, ce ne sont pas seulement les enseignants du département d’Etudes africaines qui vont y intervenir. Il y a ceux de la Faculté des Sciences juridiques et politiques, de la Faculté des Sciences économiques et de gestion et du département de Philosophie de la Faculté des Lettres et Sciences humaines qui vont dispenser des enseignements. Il n’y a aucune difficulté sur ce plan là.

Au dernier décompte, les quatre Masters n’ont enregistré qu’un total de 29 étudiants. Qu’est-ce qui peut expliquer ce sous-effectif qui n’est pas une nouveauté au département d’Etudes africaines ?

C’est une véritable curiosité. Parce qu’en Afrique, le département d’Études africaines devrait être au centre des études à l’université. Le Recteur de l’université de Dschang est bien conscient de cela. Le conseil d’université de 2013 a pris la résolution selon laquelle tous les étudiants de la Faculté des Lettres et Sciences humaines seront obligés de suivre au moins un enseignement au département d’Etudes africaines. Il y a donc une nouvelle orientation, laquelle permettra de faire prendre conscience de l’importance d’un tel département. Je vous assure que d’ici quelques temps, il y aura beaucoup d’étudiants au département. Quand j’en ai pris la tête il y a un an, il y avait beaucoup moins d’étudiants que cela.

Qui a le profile pour s’inscrire à ces nouveaux Masters ?

Pour le moment, ce sont les étudiants de notre département qui ont achevé le cycle de la Licence. Ce sont aussi ceux qui viennent des langues étrangères appliquées.

Est-ce que vous accueillez des titulaires de la Licence en droit, sociologie, philosophie pour le Master en « Afrique et mondialisation » ?

Ce Master est particulièrement ouvert. C’est le seul qui leur soit accessible aux titulaires des Licences que vous évoquez. Mais ils devront suivre certains cours dont ils n’ont pas eu les fondamentaux au cycle Licence.

Quel est l’enjeu des études africaines dans un monde globalisé ?

Je crois qu’il y a un problème sérieux dans la mesure où les étudiants et leurs parents ne sont pas encore conscients de ce que représentent les études africaines. Avant de se lancer dans la mondialisation, il faut d’abord se connaître. Si non, on ne saurait y apporter quoi que ce soit. En plus, on ne peut pas se développer sans s’appuyer sur sa propre culture. Je crois que si les pays comme le Japon ou la Chine sont ce qu’ils sont aujourd’hui, c’est parce qu’ils se sont d’abord appuyés sur leurs cultures. Les études africaines devraient être au centre de toutes les études en Afrique. N’oublions pas que les études et la recherche ont pour objectifs, de résoudre les problèmes qui se posent à l’Homme et à son environnement.

Propos recueillis par Hindrich ASSONGO

 

Patrimoine : Une source d’inspiration pour la création artistique

Écrit par  |  vendredi, 13 décembre 2013 17:40  |  Publié dans Arts & Culture

Une source d’inspiration pour la création artistique

La démonstration a été faite au cours d’une conférence organisée au Musée des civilisations de Dschang, le 06 décembre 2013.

Le patrimoine inspire les artistes dans leurs créations. D’un autre côté, les produits artistiques constituent un patrimoine. C’est la conclusion à laquelle les panélistes de la conférence du 06 décembre 2013 au Musée des civilisations de Dschang sont arrivés. Sous la modération du Dr Alain Cyr Pangop Kameni, Yakobou Tetang Nzokou et Fleurette Brigitte Nga Ondigui ont exposé sous le thème « Patrimoine et créativité ». La première est doctorante en histoire de l’art à l’université de Yaoundé I et spécialiste de l’écorce battue. Le second est enseignant à l’Institut de formation artistique de Mbalmayo, une école qu’il a dirigée de 1991 à 2004.

Les exposants circonscrivent d’abord les termes « patrimoine » et « créativité ». Pour Yakoubou Tetang Nzokou, le patrimoine est « l’ensemble des biens ou valeurs ou anthropogènes, matériels ou immatériels d’une communauté donnée, qu’ils soient hérités des ascendants ou non, réunis, conservés et transmis de génération en génération ». Quant à la créativité, il pense que c’est « l’action d’imaginer des solutions originales, innovantes et meilleures dans n’importe quel domaine ». Fleurette Brigitte Nga Ondigui propose la définition du Professeur Joseph Marie Essomba qui pense la créativité artistique comme étant « le point d’aboutissement, non pas d’une spéculation intellectuelle de l’artiste, mais d’une conduite essentiellement technique ». Bref, « la créativité, c’est insérer une touche traditionnelle dans ce qui est contemporain », souligne F.B.N.O.

Méthodes

Pour montrer en quoi le patrimoine pouvait inspirer la créativité, Yakoubou Tetang Nzokou s’est appuyé sur les activités menées avec l’Institut de formation artistique de Mbalmayo, notamment dans l’atelier consacré à la décoration. Dans cette école, dit-il, on part toujours du patrimoine pour fabriquer des objets. Pour cela, quatre méthodes existent. La méthode conçue par l’ITA consiste d’abord en l’analyse des motifs préexistants et  de la structure qui sert de source d’inspiration. Puis, on procède à la réduction ou à l’agrandissement et à l’étude des couleurs. C’est à partir de là que l’apprenant opère des variations pour finalement effectuer une composition personnelle. Une deuxième méthode dite du « CNDP » consiste à partir d’une image ou d’un objet de patrimoine. La troisième conçue par le Dr Pascal Kenfack consiste à analyser le thème de l’objet de patrimoine pour en déduire les sous-thèmes, ce qui engendre des signes. Ce sont ces derniers qui permettent au créateur de concevoir un objet original. Ici, l’orientation est peinture-sculpture.

Une méthode a particulièrement attiré l’attention du public présent dans la salle. C’est celle du Révérend Engelbert Mveng. Elle part du fait que « les créations africaines sont soutenues par l’abstraction et la synthèse ». Les étapes sont : l’objectif, le linéaire, l’objectif et la composition.

Pour sa démonstration, Fleurette Brigitte Nga Ondigui va d’abord noter que « le moderne n’est qu’une réinvention de la tradition ». Elle projette ensuite les œuvres du maitre-sculpteur Paul Tabou, lequel réside à Bandjoun. À partir de cette projection, l’historienne de l’art affirme que « la façon de nouer les étoffes atour des reins renvoie au souci d’esthétisation dans l’art ». Elle dit avoir découvert dans ses recherches que les œuvres de Pablo Picasso ont été en partie inspirées par un masque Fang.

Sauvegarde du patrimoine

Yakoubou Tetang Nzokou a aussi présenté l’importance de la créativité pour le patrimoine. Elle joue un rôle de  sauvegarde. Avec l’institut de Mbalmayo, ils sont allés dans les chefferies du Cameroun voir les objets sculptés, les filmer et apprendre auprès de leurs auteurs. Ce travail a abouti à l’écriture d’un livre qui sert désormais de manuel d’enseignement. 

Les panélistes ont insisté sur les conditions de création de l’artiste. Il doit, s’il veut être original, pratiquer l’abstinence, le jeun et se retirer dans un lieu bucolique. L’objectif est de trouver la concentration nécessaire pour rendre l’imagination fertile. Pour justifier leur point de vue, les orateurs soulignent que « dans l’Afrique traditionnelle, les artistes appartenaient à des confréries et donc s’isolaient pour créer ». D’où, en plus de l’originalité, le caractère mystique des objets fabriqués. 

Cette conférence était la deuxième de la série organisée à l’occasion de la semaine de l’anniversaire du Musée des civilisations de Dschang. À l’occasion de cet événement, une exposition-vente des œuvres patrimoniales et artistiques s’y tient depuis le 20 novembre 2013. Elle s’achève le 20 décembre de la même année.

Hindrich ASSONGO

 

Médiascopie : Le chemin de croix des personnels dans les radios FM de Yaoundé




    Écrit par HUGO BOSSOKEN

     

    Misères et servitudes des employés dans un système qui vogue entre le système D et le manque de publicité. Dans cet univers, les radios basées a la cité capitale ont un point commun, l'esclavagisme des promoteurs, qui refusent d'octroyer des salaires a leurs employés.  

     

    Radio Anaba

     

    Abritée dans une case de deux mètres carré, la radio d'Etoudi est le symbole de la galère ambiante de paysage audiovisuel du Cameroun (P A C).

     « Ici nous vivons dans la dèche totale pas de frais de reportage, n'en parlons plus de salaire et pour couronner le tout notre patron nous oblige de lui donner les retombés de nos descentes sur le terrain » 

    souligne Nicole Minyem (actuellement a Camnews Tv) du temps ou elle exerçait dans cet organe née de l'initiative d'un gendarme a la retraite actuellement. .Autre fait qui caractérise la situation conjoncturelle de cette radio c'est la vétusté de son matériel technique qui de temps en temps bénéficie d'une retouche de l'électronicien d'en face, sinon c'est le silence comme les auditeurs de la 97.0 ont coutume d'en consommer.

     

    Radio Cheik Aanta Diop 

     

    Créée en fin d'année 2011 par Eric Tayou Kamgué, la radio « 100% Afrique » s'est donné pour défi la valorisation de la culture de notre continent. Elle fait la joie de Certains auditeurs qui ont des rancoeurs envers la peau blanche. Contrairement a radio Anaba, Cheik anta diop est organisé et bien structuré avec Agnès Sinfo qui fait office de chef de chaine, elle est secondé dans cette tache pas Elvis Nyamsi qui est le chef du département technique. Si ces deux cadres ont un pécule, c'est uniquement à la faveur de la tache qu'ils remplissent et de leur poste. Les autres, présentateurs de programme et journalistes de la rédaction,  sont traités comme des commerciaux, au regard des dispositions de leur contrat : « Le journaliste s'engage a mettre gratuitement à la radio ses compétences a travers la collecte d'information via les espaces qui leur sont réservés. Pour toutes insertion publicitaire initié par le journaliste, la radio lui versera un pourcentage de 30%», peut-on lire dans le document, en son article 3 alinéa 1et 3.Traduction pour qu'un journaliste puisse avoir sa pitance, il a intérêt à se cravacher dure a faire rentrer des sous dans la caisse de la radio. Exit le service commercial.

     

     

    Skyone

     

     La radio du ciel unique jouit d'un privilège qu'elle a bénéficié suite a l'émission a succès « Le tribunal » présenté a une certaine époque par Duval Lebel Ebalé. « Surface de vérité » la grande héritière a maintenu le cap à une moindre mesure. Un programme de prime time qui permet à la radio de calafatas de s'en tirer avec une recette de 10 a 20 millions par mois. Une somme suffisante qui peut palier au besoin urgent à l'occurrence les salaires. Malheureusement cette relative bonne santé contraste avec celle des employés de cette boite. Huit d'entre eux ont récemment fait défection pour aller chercher fortune à ROYAL FM ou leurs revenus ont été doublés pour ceux qui en avaient.

     

     

     

    T B C radio 

     

    Tome Broscasting Corporation est un pionnier dans cet univers radiophonique. Les auditeurs de la radio de Biyem-assi ont du mal à retenir les noms des vedettes de leur radio chérie. Depuis 2001 année de sa création TBC a vu défiler dans son studio plus de 150 journalistes et techniciens confondus. Une instabilité consécutive à un manque de motivation. Ici le mot salaire ne fait pas partie du vocabulaire de ceux qui y travaillent.

     

    Satellite Fm 

     

    Neuf mois d'arrières de salaires. C'est le supplice infligé au personnel de cette radio. Une situation qui contraste avec le train de vie de son propriétaire. Un milliardaire jusqu'a a la moelle épinière, Jean Pierre Amougou Belinga roule carrosse. Il  est à la tête d'un empire financier constitué des consortiums qui effectuent des marchés publics, une société de commercialisation de l'eau minérale et prochainement il va procéder à l'inauguration de son imprimerie dotée d'une rotative estimé à un milliard de nos francs. Comment comprendre que le magnat des medias s'obstine a laisser ses ouvriers de la plume dans la misère, alors que la célébration de son mariage aurait couté plus de 200 millions de nos francs.

     

    Amplitude Fm 

     

    Si Vous aspirez a être un directeur de l'information d'une radio pour un salaire de 40 mille francs CFA chaque mois, faites un tour du coté d'Elig-Essono et déposez votre dossier au groupe Alpha télé propriétaire d'Amplitude FM. Dans une interview accordée au site internet Yaoundé Infos.com Roméo Tchamaleu qui par la même occasion annonçait sa démission à ce poste, a fait cet aveu plus ou moins surprenant. Toujours dans cet entretien, l'on apprend qu'il est à la tête d'une équipe où le salaire des journalistes ne dépasse la barre de 30 000 milles francs CFA. Voila  le la triste réalité de cet organe de presse qui a pourtant caracolé tête des audiences dès la lancée de ses programmes en novembre 2011. Le  promoteur Christophe Noubissi avait alors procédé a un recrutement de rêve. Martinez Zogo, Duval Lebel Ebalé, Dominique Tita, Limi Issofa, Serge Michael et Billy Show avaient été enrôlés pour les besoins de la cause avec le bilan qu'on sait, contribuant au positionnement de la structure. Un an après, c'est la dégringolade suite aux départs en cascade de tous les journalistes et animateurs, à l'exception de Martinez Zogo. Mis en cause, le manque de vision sur le plan managérial du chef, ainsi que sa « méconnaissance » des mécanismes des sciences de la communication. Amplitude FM a subit un énième revers avec le départ en masse de toute l'équipe de son émission phare « La voix des sans voix »

     

     

    RTS et  Royal Fm les exceptions qui confirment la règle ?

     

     

    La radio de Mvog-MBi bien qu'ayant du souci en ce moment est un exemple dans une certaines mesure. D'après le témoignage des anciens pensionnaires de la chaine des majors, les salaires bien que, disproportionnés et déséquilibrés sont régulièrement payés au personnel.

    « Il est vrai que les mois d'aout et de septembre sont généralement payés en novembre mais nous sommes habitués » 

    affirme un animateur qui y travaille depuis huit ans. La radio est financée le group Siantou. Ce qui constitue un atout indéniable. Bien plus, elle est convoitée par la plupart des annonceurs sérieux de la place pour une insertion publicitaire. La RTS genre 50 a 75 millions de nos francs par mois. Confidence d'un ancien chef de Chaine de cette radio.

     

    Royal Fm

     

     est la dernière  née des radios situées sur le sol de la ville au sept collines. Baptisés par les auditeurs le « Psg des radios » à la, faveur de l'enrôlement de l'animateur le plus populaire de Yaoundé Serge Tamba. Ce dernier a signé il y a trois semaines « Zlatanique ». Le Pince Nti Jonathan a cassé sa tirelire et triplé son salaire pour bénéficier des services de « L'animateur du Graal». Royal Fm a bénéficié de l'arrivée en masse de toute l'équipe de la « voix des sans voix » d'Amplitude Fm. Coté rédaction dirigé par Dimitri Amba (transfuge de skyone), on y retrouve des noms qui ont fait leur preuve tel que Bernard Atangana, Bertrand Owona, Jean Pierre Amana et Armand Roger Tepono.

     

    HUGO BOSSOKEN

     

    ASSISES INTERNATIONALES DE L'ÉDITION INDÉPENDANTE : ATELIER 6 / DIFFUSION DES OUVRAGES DE SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES

     

    Diffusion des ouvrages de sciences humaines et sociales : quelles stratégies innovantes pour tirer son épingle du jeu ? Du 13 au 15 octobre 2013, en marge de la Foire du livre de Francfort (Allemagne)octobre 2013 - projets culturels www.alliance-editeurs.o...diffusion-des-ouvrages-

    Pour les éditeurs indépendants, la diffusion et la distribution des livres "difficiles" que sont les ouvrages de sciences humaines s'avèrent la plupart du temps problématiques. Ces ouvrages ont en effet souvent du mal à trouver leurs lecteurs dans des marchés du livre marqués par la surproduction éditoriale, une très forte concentration des entreprises d'édition, des points de vente et des structures de distribution. Face à une multitude de canaux de diffusion, comment valoriser une production en marge du "mainstream" ?

     

    Pour tirer leur épingle du jeu, certains éditeurs mettent en place des stratégies originales pour distribuer et promouvoir leurs ouvrages en associant des acteurs associatifs, de nouveaux acteurs numériques ou en mettant en place des partenariats avec des universités. Ces initiatives isolées restent cependant peu connues de la plupart des éditeurs. C'est pourquoi, dans l'esprit de solidarité qui anime l'Alliance, des éditeurs ont voulu partager leurs expériences et leur savoir-faire en abordant ces questions au cours d'un atelier qui pourrait se tenir en marge de la Foire du livre de Francfort en 2013 - lieu stratégique et symbolique pour les éditeurs.

    Dans l'optique de favoriser une meilleure circulation des textes de sciences humaines et sociales, une foire aux projets sera également organisée afin de faire naître des projets de traduction et de coédition entre éditeurs de l'Alliance. Certains de ces projets pourront ensuite être soutenus financièrement par l'Alliance.

    Cet atelier est organisé en partenariat avec la Foire du livre de Francfort, et avec le soutien de la Fondation de France, du Centre national du livre et du Goethe-Institut en Afrique du Sud.


    source : Alliance Internationale des Editeurs Indépendants

     

     

    Lire le programme de l'atelier sur la diffusion des sciences humaines et sociales 

    Le programme complet des Assises Internationales de l'Edition Indépendante [ici]

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    Achille Carlos Zango raconte les douleurs du peuple !

    Écrit par  |  mardi, 16 juillet 2013 15:44  |  Publié dans Arts & Culture

    Achille Carlos ZANGO, Tu diras ces douleurs, Paris, éd l’Harmattan/Cameroun, 2012, 117 pages.

     

    « Quand j’ai commencé à écrire des histoires, je trouvais cela amusant. Une bonne gymnastique pour l’esprit. Quel âge avais-je encore? Je ne m’en souviens plus, c’était il y a longtemps, dix ans ? Quinze ans ou plus ? Les dates précises ne serviront sans doute à rien… » C’est en ces termes qui trahissent une attirance ludique pour l’art scriptural qu’Achille Carlos Zango introduit son premier recueil de nouvelles, mais au-delà du plaisir d’écrire, réside le poids de la responsabilité de l’écrivain face aux drames existentiels dans une Afrique meurtrie, spoliée, enlisée dans les maux les plus divers. 

    Tu diras ces douleurs est un recueil de huit nouvelles qui se déploient sur un total de 117 pages. L’auteur tente dans un style où se mêlent tour à tour le lyrique, le pathétique et même le tragique de faire une autopsie des plaies qui mettent à mal un continent pourtant nantie des richesses les plus prestigieuses : l’Afrique. Sa thérapie passe inévitablement par l’écriture qui semble t-il est une prédestination pour tous ceux qui voient le jour en Afrique, comme essaie de nous en convaincre l’écrivain des douleurs par ces aveux : « j’imagine mal un homme né sur ces terres hideuses du Mouranec, un Africain en général, ne sentant pas de temps en temps une envie pressente d’écrire avec toutes ces histoires rocambolesques qui se déroulent dans ce continent nuit et jour » (p10).

    Le texte ouvroir de ce recueil : « Qui dira ces douleurs ? » a l’ambition de définir la stature et de préciser les missions de celui qui aura la lourde responsabilité de porter la voix des « sans-voix ». L’inquiétude qui transparait de cette interrogation de l’écrivain présage de la lourdeur des responsabilités à lui destiné : « pourquoi moi et pas un autre ? » La réponse est sans équivoque : « Qui dira ces douleurs si ce n’est toi ? Que tu le veuilles ou non, tu le feras! ». Deux centres d’intérêt apparaissent en toile de fond de l’écriture d’Achille Carlos Zango et motivent la lecture de Tu diras ces douleurs : Inquiéter les consciences par la dénonciation des maux et représenter l’écrivain au travail.

    La désillusion des planteurs de caféier face à l’amoindrissement du prix du kilogramme sur le marché alors que paradoxalement les prix des engrais flambent, plonge la jeunesse de Manyi dans la misère et les obligent à aller chercher fortune dans d’autres contrées. C’est l’aventure ambigüe que le vieux Koum et une bande de congénères vont vivre « de l’autre coté de la mer » et un prétexte pour l’auteur de fustiger la caféiculture, culture inadaptée aux besoins des populations locales.

    « L’aube de la déchéance » s’illustre comme le tableau représentatif des vices les plus ignobles tels que : Alcoolisme, corruption, infidélité, irresponsabilité, abus d’autorité… Cette histoire se lit à travers l’innocence de la jeune Mia qui assiste impuissante à la décrépitude de sa famille. L’étudiant révolté Louis Marcel nous entraine au cœur d’une grève organisée à l’université d’Osa dans « Quand notre terre pleure ». Il donne ainsi l’occasion à l’auteur de mettre les pleins phares sur un système éducatif en crise.

    Le conflit interculturel est au centre de la nouvelle « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés » qui interroge la coprésence entre tradition et modernité. Finalement le jeune successeur ne trouvera la paix qu’en acceptant d’honorer les mânes et de perpétuer le culte des ancêtres. Zango profite de cette brèche ouverte pour valoriser les essences de la culture africaines et promouvoir la diversité culturelle.

    La honte de ne pouvoir être utile ni à sa famille, ni à son pays, pousse un jeune intellectuel bardé de diplôme au suicide, dans une société qui ne reconnait pas le mérite. Avant de se noyer dans le lac indifférent du Mpoudi, le héro tragique de Zango incite les consciences sur l’inadéquation étude /emploi dans une Afrique où le système éducatif calqué sur l’occident ne cadre guère avec les réalités locales et constitue un frein pour le développement, c’est du moins ce que présage « Les cloches du destin ».

    Les deux dernières nouvelles : « L’avenir enterré » et « Tam-tam » interpellent les jeunes filles sur les pièges de la vie et les paradis artificiels. L’écrivain en profite pour dénoncer les violences faites aux femmes et met à découvert les tendances sectaires et leur comportement contre nature.

    Au vue de ce qui précède, Achille Carlos Zango remplie bien son rôle d’inquiéteur de conscience par son aptitude à porter aux yeux du monde les douleurs de l’Afrique. Cependant cette œuvre brille aussi par sa capacité à montrer par une sorte de mise en abîme les difficultés de l’écrivain au travail. Cette façon de textualiser le personnage-écrivain permet à l’écrivain hors-texte de représenter le processus de création de son œuvre, ce qui donne à coup sûr une profondeur nouvelle à l’œuvre littéraire et permet la légitimation du travail de l’écrivain.

     

     

                                                                         Alain Ndassi Penka

    L’artiste musicienne camerounaise était de passage à l’université de Dschang le mercredi 17 avril 2013, à l’occasion de son « campus tour ».

    Charlotte Dipanda continue en ce moment son « campus tour ». Il s’agit d’une tournée artistique qui doit l’emmener dans l’ensemble des villes universitaires du Cameroun. L’artiste-musicienne camerounaise -la plus populaire du moment- a donné un concert au stade du Cenajes de Dschang, dans la soirée du 17 avril 2013. En journée, c’est la salle de spectacles de l’université qui l’a accueillie, de 15 heures à 17 heures. Dans une enceinte archi-comble, elle fait son entrée, en compagnie du Recteur, le Prof. Anaclet Fomethe. Les applaudissements durent un peu plus de trois minutes. Les appareils photo flashent pendant une bonne dizaine. Tous ont souhaité avoir une image de la voix artistique de l’année 2012 au Cameroun.

    Dans son message de bienvenue, le Recteur dira que « nous accueillons une grande dame qui fait dans l’innovation et l’excellence. En tant que mélomane, je suis l’un de ses admirateurs. Merci de donner à ces jeunes, la substance de votre talent. Soyez chez vous et que votre génie excelle davantage à partir de Dschang, afin que vous rayonniez, non plus au Cameroun seulement, mais dans le monde entier ». La star quant à elle sera brève et sobre. C’est aux étudiants qu’elle s’adressera : « J’ai voulu partager avec vous vos journées d’étudiant et cette envie de réussir. Il fallait montrer qu’on peut naître dans ce pays, y grandir et trouver son chemin. ». Elle passe ensuite la parole à Ferdinand Nana Payong, expert en marketing et directeur de la publication du magazine « Marketing.com ». Ce dernier présente un exposé intitulé « Décrocher un emploi grâce aux techniques du marketing ».

    Enseignements

    De l’exposé qui dure un peu plus de 90 minutes, l’on retient que pour réussir à décrocher un emploi ou un stage, il faut insister, dans ses lettres de motivation ou son curriculum vitae, sur ce qu’on sait faire. Le diplôme seul, ne suffit plus. L’homme du marketing évoque le plan baptisé « AIDA », qui doit guider toutes les lettres de motivation et CV destinés à des recruteurs. Celui-ci consiste en : « attitrer l’attention, susciter l’intérêt, provoquer le désir et pousser à l’action ». Le candidat qui veut aller au bout de cette logique doit « avoir des éléments qui le différencient positivement des autres. Il doit connaître le marché, le comprendre et faire des propositions ajustées », dira l’orateur. Les plus malins consulteront des professionnels pour l’établissement de leur curriculum vitae, conseille Ferdinand Nana Payong. Il en profite pour présenter publiquement, quelques uns de ses sites internet, réalisés par un étudiant de l’université de Dschang, Esaie Kuitche Kamela. Une façon de reconnaitre à l’institution, une certaine qualité.

    Après cette leçon de marketing applaudie par toute la salle, l’articulation de la fin est revenue à Charlotte Dipanda. Elle a fait un acapella de sa chanson « coucou ». Les étudiants ont chanté avec elle. Elle a enfin remercié tout le monde, pour l’accueil chaleureux. Avant de promettre une belle prestation au concert de la soirée. Une promesse tenue.

    Hindrich ASSONGO

    MUSIQUE: LE QUATRIEME ALBUM DE PELEY LEROY SUR LE MARCHE

    Écrit par  |  dimanche, 24 mars 2013 09:37  |  Publié dans Arts & Culture

    « Ngong Mbong » comporte huit titres, est fait de « club dance » et de « mangassa » et est disponible depuis le 25 févier 2013.

    L’artiste Peley Leroy , très populaire dans le département de la Menoua, prépare en ce moment, une campagne nationale pour promouvoir son nouvel album. Baptisé « Ngong Mbong », le disque est officiellement sorti le 25 février 2013, à Dschang. Car, c’est la ville dont est originaire son auteur. « Il faut ajouter que le club dance et le mangassa sont des rythmes d’ici. Donc, il était bon de commencer par la Menoua. », ajoute-t-il.

    « Ngong Mbong », le titre phare, a inspiré le nom de l’album. « Cela signifie le paradis. Mon message clé est que la vraie vie se trouve après celle que nous vivons sur la terre. Je veux donc que les gens sachent qu’il est vain de vouloir la mort des autres. Parce que si vous tuez quelqu’un, vous lui faites du bien. Car, vous l’aurez sauvé. Et vous ferez face à des remords pendant qu’il sera bien », explique Peley Leroy. En faisant ce titre, « j’ai pensé à ma mère, décédée il y a un an, et à mon ami intime, un certain Décesse qui était également artiste musicien. », tient-il à préciser.

    Parmi les titres qu’il recommande également, il y a « A La’a Zé ». Il affirme y exhorter « les élites à soutenir les frères et sœurs restés au village ». Pour lui, le titre « Ngang Mba » est aussi important, car il y appelle les successeurs à ne pas abandonner les concessions parentales dont ils ont hérité. Au total, huit chansons qu’il prose de déguster en dansant. Il y chante à 80% en Yemba, la langue parlée dans la grande partie de la Menoua.

    Peley Leroy et son principal soutien Goerges Guimfack

     

     

    COÛTS ET OBJECTIFS

    La confection de l’album a coûté 800 000 F CFA et un an de travail à l’artiste. Il a composé les chansons, à l’exception d’une reprise du musicien Daouda. Il a lui-même joué le rôle « d’arrangeur » et s’est auto-produit, à travers sa maison « T.J.C production ». Il a bénéficié de l’apport des artistes Brio Kan’s, Dominique Takonmo et Viginie N., au niveau des chœurs et des duos. Georges Demfack, qui soutient f tous les artistes de la Menoua, a contribué financièrement à cet album. Le disque se joue déjà très bien dans les radios locales et les bars de la ville de Dschang. Il espère de cet album, « la réussite complète : ventes, concerts et déplacements vers l’étranger ». C’est pour cela que le disque va se vendre à 1 500 F CFA.

    De son vrai nom Jean Calvin Tapondjou, Peley Le roy est né le 26 novembre 1970 à Dschang. Il fait ses études primaires à l’école publique de Ndzong-Foto. Ses études secondaires sont sanctionnées par l’obtention d’un certificat d’aptitude professionnelle, option électricité, en 1989, au collège Intellexi, à Dschang. Il commence la musique, en étant encore au collège. Son talent est très vite remarqué par Poupè Kenfack, qui a le vent en poupe à cette époque là, à travers le club dance, à Dschang. Aujourd’hui, il vit uniquement de la musique. Il a une invitation pour un concert dans trois villes des Etats-unis. « Seul le visa bloque encore », affirme-t-il. Ce sera une prestation au sein des communautés camerounaises et ouest-africaines. Avant cette échéance, l’artiste émet un vœu : « Les artistes de la Menoua doivent aussi être présents sur la scène nationale. Ils doivent aussi être concernés quand les sociétés de droit d’auteurs font des répartitions. Jusqu’à présent, nous sommes marginalisés ».

    L'artiste exhibe son nouvel album

     

     

     

    CLUB DANCE

    Le quatrième album proposé par Peley Le Roy comporte deux rythmes : le club dance et le Mangassa. En ce qui concerne le premier, « c’est la seule danse au monde où le chanteur communique directement avec le danseur. Il y a dans toutes les chansons, faites par moi ou par d’autres, un rituel au début : Are You ready now ? Now clack. I say clack again ; Double clack ; I say back side…Seul ce rituel prouve qu’on est dans le club dance », explique-t-il. On le présente comme le père du club dance. Mais, il tient à préciser qu’il n’en est que le continuateur. Car, c’est Poupè Kenfack, père de l’artiste Mister Lino, qui a commencé ce rythme dans la décennie 1980.

    Sur les origines du club dance, Peley Leroy affirme que c’est un héritage du passage des Allemands à Dschang. « En réalité, ils sont venus avec leur danse et chaque ethnie a récupéré à sa manière. Nous avons le Club dance dans la Menoua. Dans le Nord-Ouest, c’est le Bottle dance. Chez les Bassa, c’est l’Asico. Chez les Beti, ils l’ont transformé en Bole. Mais, la version la plus proche des Allemands est le club dance ». Le rythme est utilisé en ce moment, dans l’émission de danses sportives, animée par Foly Dirane sur la Crtv télé. Une sorte de reconnaissance.

    Hindrich ASSONGO

    NOUVEAUX PARADIGMES CULTURELS À MAROUA

    Écrit par  |  dimanche, 16 décembre 2012 18:26  |  Publié dans Arts & Culture

    La mutation de la ville s’est bel et bien étendue à tous les niveaux : social, politique, économique, environnemental, de quoi bouleverser complètement le rythme de vie, ou la vision du monde des populations locales. L’accueil de la nouveauté n’a pas été sans effet sur la culture locale, c’est ainsi qu’on aura des instances de métissages culturels dans toutes les productions de ce domaine. Dans les domaines culinaire, linguistique, vestimentaire et musical même portent les gènes de ce métissage culturel. Le conservatisme culturel laisse difficilement mais progressivement la place à l’hybridation du fait du contact continu aux autres cultures, avec l’arrivée chaque année des nouveaux étudiants recrutés par l’université.

    Sur le plan culinaire, des plats comme le ndolè, le mbongo, le koki, le pilé, le éru, s’insèrent peu à peu dans les menus locaux. Il y a même de nouveaux plats qui naissent du mélange des plats d’autres horizons du pays à ceux de la région comme le couscous de mil avec la sauce ndolè ou la sauce gombo ; ou le koki fait avec des condiments alors qu’à l’origine il se fait uniquement d’huile de palme et de piment.

    Sur le plan linguistique, on verra l’expansion du Camfranglais dans la ville de Maroua, et même sa transformation ou mieux encore son enrichissement. Cette langue véhiculaire qui accompagne les jeunes du pays entier et surtout les étudiants, se compose de Français, anglais, Espagnol, Italien, Allemand, Arabe, Latin et une fois au Nord Cameroun elle intègre des expressions ou lexèmes du fulfulde ; exemple : «  -Le grand steve neï ?/ - Hamdulillah wala  today mon frère » ( - Le grand steve comme ça va ? – Tout va bien aujourd’hui grâce à Allah mon frère.) Salutations entre deux jeunes à la division de la scolarité de l’université de Maroua.

    Le domaine vestimentaire n’est lui aussi pas en reste dans cette dynamique métamorphique. La traditionnelle gandoura des hommes, se voit panachée par des vêtements de type occidentaux, tels que les jeans chez les jeunes, et les costumes chez l’élite locale et administrative de la ville. Une garde-robe désormais épicée par des goûts venant d’ailleurs, les femmes elles aussi sont assujetties à la mouvance générale. Bien que toujours très courants les pagnes, des modèles occidentaux de couture de ce tissu viennent renouveler l’habillement de la femme, outre quelques autres vêtements en jeans (encore rare), et des tailleurs pour celles qui ont des responsabilités administratives dans la ville.

    A cette liste s’ajoute en effet, le domaine musical qui connait lui aussi une mutation interne importante. Elle va même jusqu’à revêtir un costume subversif. En fait, dans le domaine musical avant, la femme[1] chantait des berceuses pour ses enfants, des chants laudatifs pour son époux, célébrant sa force et sa vaillance, des chants d’encouragement dans les champs pendant les périodes de culture. Les hommes[2] aussi produisaient des chants laudatifs à l’endroit du roi/chef, la prouesse de certains illustres combattants de l’histoire de la tribu, la joie de vivre, des louanges à Allah, mais aussi la fierté d’avoir une bonne famille dont ils sont à la tête. Non seulement les thèmes de chansons sont très pudiques, mais aussi les paroles de celles-ci. Depuis 2008, la musique nordiste intègre peu à peu de nouveaux paradigmes qui lui font se rapprocher de plus en plus de la musique du SUD (plus précisément celle du littoral et centre-sud Cameroun) réputée pour être impudique, provocatrice et subversive. Désormais, les tabous sont bafoués dans la musique nordiste et ceci semble être le résultat de ce contact avec les autres régions du pays. La musique qui emplit les bars et autres points de loisirs est bien sûr celle là qui insulte la morale ou l’éthique musicale ; les paroles de la musique nordiste[3] se déforment sur un rythme qui s’écarte peu à peu de celui de la région. C’est à partir de ce constat fait dans le domaine musical, que surgit la question de la valeur culturelle de ce contact avec la diversité.

    Bachelard Koagne



    [1] Loin des micros et des cameras.

    [2] Faddah kawtal, Ali Baba, Abdou Benito… unique porte-voix du septentrion Cameroun. <www.kmer-septentrion.com/musiques.html>

    [3] Amina Poulloh avec son album Memenan est l’emblème même de ce nouveau visage de la musique du Nord.

    MAROUA : UN POINT DE CROISEMENT CULTUREL

    Écrit par  |  jeudi, 06 décembre 2012 07:50  |  Publié dans Arts & Culture

    Le nouveau visage urbain qu’offre la jeune université à la ville de Maroua est suivi d’un nouveau schéma socioculturel. Pendant cinq années, les dix régions du Cameroun se sont faites une représentation culturelle dans la ville de Maroua. Une atmosphère d’hybridité se propage progressivement dans le chef-lieu du Diamaré, perceptible à partir de quelques facteurs tels que la métamorphose architecturale, la mutation linguistique et comportementale dans le sillage des rapports interpersonnels et bien d’autres éléments. Bien que encourageant puisque s’insérant dans la politique gouvernementale d’intégration nationale, on est tout de même forcé de s’interroger sur la portée de cette nouvelle configuration urbaine et culturelle qui se met en place à Maroua.

    Réputée pour être une région au conservatisme culturel poussé, l’ouverture des portes de la ville au reste du pays par le truchement de l’université de Maroua, n’est-ce pas le début de l’aliénation culturelle de la région entière ? Autrement dit, serait-il envisageable le fait que la culture sahélienne disparaisse avec ce nouveau né académique ? La réponse à cette question dépendra de celle des rapports interculturels entre la culture d’accueil et la myriade de cultures venant des autres coins du pays et même de l’extérieur. Quel regard ces différentes cultures se lancent-elles ? Un bilan de cinq années de cohabitation entre différentes cultures dans le sahel camerounais peut être dressé par une enquête auprès des arrivants et des autochtones, afin de recueillir des données qui permettront de déterminer l’impact de l’université sur le contexte socioculturel sahélien.

    Un questionnement crucial reste cependant : Quels sont les enjeux culturels de l’implantation de l’université à Maroua pour la ville et ses environs ? Autrement dit, l’université serait-elle une aubaine ou une malédiction pour la culture « nordiste » ? Quelles répercutions sur les cultures visiteuses ?

    Déjà on peut retenir aux niveaux social, culturel, économique, politique, et environnemental, l’ancrage graduel de l’altérité dans le chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. 

    Bachelard Koagne

     

     



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    L’aspiration au développement

    L’homme en tant que potentialité est une possibilité, c’est-à-dire un projet de vie en voie de se réaliser. Le manque consiste en cette absence de réalisation. Or, le processus qui amène à se déployer pour parvenir à un devenir rêvé et combler ainsi son manque, c’est le développement Chaque citoyen du monde est, de ce point de vue, appelé à se réaliser et réaliser son environnement, local, national et international, donnant ainsi sens à la vie, à sa vie. Cet appel injonctif s’adresse davantage à ceux qui sont encore dans un environnement dont l’embrouillamini structurel et infrastructurel contraste avec un monde en pleine mutation scientifique, technologique et culturelle... Lire la suite


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